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 Keep your heart warm [Erin]

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Erin Avery
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Date d'inscription : 23/09/2016

Dossier de l'Agent
Age/Date de Naissance: 16 (19/05)
Statut: Agent Calme
Nombre de Missions:
Unknown

MessageSujet: Keep your heart warm [Erin]   Ven 23 Sep - 21:27

Avery Erin
Informations générales

Nom : Avery
Prénom : Erin
Age d’arrivée à CHERUB : 7 ans
Date Naissance : 19 mai
Age au temps de cette fiche : 16 ans
Pourquoi il a attiré l’attention de CHERUB ? Ceci est probablement l'un des grands mystères de la vie...ou peut-être pas en fait; il se trouve simplement qu'Erin ignore pourquoi on l'a choisie. Elle, qui possède une intelligence conventionnelle, se dit à la ramasse face à ses collègues surdoués avec ses résultats scolaires plutôt bons mais ne sortant pas vraiment de l'ordinaire. De plus, elle est dyscalculique ce qui lui cause des difficultés en mathématiques. Elle n'a pas de quoi se vanter sur le point intellectuel... Il doit forcément y avoir eu une erreur de casting, non? Pas du tout! Erin ne se donne pas assez de mérite, en fait. Même si elle n'est pas un génie dans la définition même du terme, elle possède des qualités lui étant propres.

D'abord, Erin est une bosseuse, du genre à rester debout toute la nuit à étudier pour un test ou à compléter un devoir pour être certaine de le remettre dans les temps. Elle s'acharnera sur quelque-chose jusqu'à ce qu'elle trouve une solution. Malgré toutes les difficultés qu’elle pourrait rencontrer en route, elle n'abandonnera pas. Pour beaucoup, négliger ainsi le repos au profit du travail aurait de graves conséquences, mais Erin est l'une de ces personnes aptes à fonctionner même avec une faible quantité de sommeil en réserve. Aussi peu que quatre heures suffisent à recharger pleinement ses batteries et elle peut tout à fait rester éveillée sur une période de quarante-huit heures sans perdre la boule. Certains croiraient presque qu'elle est une machine.

On la caractérise comme très théâtrale, Erin joue la comédie comme personne d'autre. Besoin d'un agent pour une mission d'infiltration? Erin est votre homme - ou plutôt femme. Elle enfile un masque, une nouvelle identité comme la plupart des gens enfilent leurs chaussettes.

Erin est en plus une grande optimiste qui sait remonter le moral des troupes mêmes dans les moments les plus désespérés, c’est d’ailleurs l’une des choses ayant le plus marqué l’agent qui l’a repérée. On note aussi qu'elle est dotée d'une grande empathie et est très attentive aux besoins des autres, faisant passer ceux-ci avant les siens. Elle n'est peut-être pas le cerveau, mais elle est certainement le cœur.

Côté physique, Erin possède une bonne endurance. Apte à courir sur de longues distances sans se fatiguer. Elle est également très agile et flexible, une acrobate, presque : regardez-la passer ses jambes derrière sa tête comme si de rien était.
Langues étrangères : Français et coréen
Avatar : Tracer - Overwatch
Son physique
Du haut de son mètre soixante-deux, l’adolescente possède une silhouette mince mais athlétique, particulièrement musclée au niveau des jambes, caractéristique que l'on retrouve généralement chez les adeptes de la course comme Erin. Bien sûr, sa musculature ne se limite pas à la partie inférieure de son corps, bien qu'elle se fasse plus discrète au-dessus de sa taille. Erin pèse un bon soixante kilos, poids tout à fait équilibré en corrélation avec sa taille et son âge, qu’elle maintient malgré sa tendance à ingérer plus de calories qu’elle ne le devrait avec l’aide de son activité physique quotidienne.

Nombreux s’interrogent quant à la quantité de gel nécessaire pour maintenir sa chevelure en place. Énonçons donc les faits : elle n’a besoin d’aucun produit coiffant pour acquérir ce look. Les mèches brunes d’Erin partent dans tous les sens et se dressent sur sa tête ne manière totalement naturelle…enfin presque : elle reçoit un petit coup de main de la part de son oreiller. Voyez-vous, elle a l’habitude d’aller au lit tout de suite à la sortie de la douche, avec les cheveux encore tout mouillés, et comme Erin gigote dans son sommeil, ils sèchent de manière aléatoire. Elle se réveille donc souvent avec une coiffure toute ébouriffée et y mettre de l’ordre ne semble pas être l’une de ses priorités.

Bien qu’à moitié coréenne par sa mère, le métissage d’Erin reste très subtile, voir même non apparent. Au premier regard, on l’assume caucasienne, et pour cause : Erin a un teint clair et sa peau est parsemée de taches de rousseur. Son visage de forme triangulaire semble avoir conservé quelques caractéristiques juvéniles, lui donnant un air un peu enfantin. Ses yeux marrons en amande sont parfois couverts par une paire de lunettes de protection aux verres oranges, si celles-ci ne sont en train de pendre à son cou ou bien remontées sur son front. Erin ne semble jamais se séparer de cet accessoire, il faudrait aller vérifier si elle dort aussi avec. C’est pour ainsi dire sa marque de commerce. Vous avez affaire à Erin ? Elle ne sera pas bien difficile à trouver si vous cherchez les lunettes oranges.

À l’occasion de son seizième anniversaire, Erin s’est fait percer l’oreille gauche, on remarque donc que deux anneaux métalliques sont maintenant fixés à son hélix.

Erin enfile son uniforme sans rechigner. Même qu’à force qu’être toujours vêtue de son t-shirt portant le logo CHERUB, d’un pantalon de treillis et de rangers, elle en est venue à avoir du mal à se séparer de ceux-ci au profit d’habits civils. Pourtant, lorsque nécessaire, elle enfile un jeans, des baskets et un t-shirt graphique. Une chemise en flanelle ou un sweat à capuche accompagne parfois sa tenue. Bref, Erin reste simple, elle préfère ne pas se compliquer la tête avec un son style vestimentaire.
Son caractère
Véritable boutentrain, on croise rarement un comparable à l’optimiste et à la gaieté d’Erin. Elle voit d’abord et avant tout le bon en toute personne et toute chose.
On pourrait penser de par sa constante attitude joyeuse qu’elle refuse simplement de reconnaître la réalité et toutes les choses cruelles présentes en ce monde, mais c’est tout le contraire. Erin est consciente de l’existence de ces choses moins jolies, et c’est justement car celles-ci pèsent lourdement sur le moral qu’elle se comporte de manière si épicurienne. Erin est une battante; elle garde la tête haute et elle ne se laisse pas abattre malgré les circonstances pouvant se présenter. Parce qu’elle trouve qu’il y a trop de gens malheureux dans le monde, elle veille à remonter le moral de son entourage quand rien ne va plus. Bref, on dit qu’elle est l’incarnation même de la bonne humeur et que le sourire en permanence plaqué sur son visage serait capable d’éblouir le soleil lui-même.

Erin se démarque également par son altruisme. Elle pense au bien-être de ses pairs avant de prendre en considération ses propres intérêts. Elle sera sans l'ombre d'un doute celle qui en viendra à se sacrifier pour le bien de la collectivité, que ce soit en prenant le blâme pour une erreur ou bien en restant derrière pour permettre aux autres de progresser vers l’avant. On penserait qu'il est facile de prendre avantage de sa bonté, mais Erin n'est pas aussi dupe qu'elle ne le paraît. Même si son caractère joyeux lui donne un air naïf, elle sait repérer les gens susceptibles de vouloir la manipuler. Si Erin est reconnue pour sa difficulté à rejeter un individu lui demandant de rendre service, la voix de la raison intervient cependant lorsque l'aide demandée est largement hors de ses moyens ou pourrait causer du tort à autrui. Elle est cependant ravie d'aider dans la plupart des conditions.

Très, même trop empathique, Erin se retrouve fréquemment affectée par les problèmes d’autrui comme s’ils la touchaient directement. Le besoin de venir en aide qu’elle éprouve découle de cette grande sensibilité. Elle ne peut tolérer de voir quelqu’un souffrir, cela lui fait aussi mal que si elle se trouvait dans la même position que cet individu. Erin ne le remarque pas, mais elle est plutôt observatrice, sans doute encore en raison de sa sensibilité émotionnelle la poussant à faire attention aux détails.

Imaginative, Erin a toujours des idées plein la tête. C’est d’ailleurs l’un des traits faisant d’elle une bonne comédienne; sa capacité à inventer. Bien qu’elle se dise terre-à-terre par nature, on peut tout de même déceler chez elle une pointe d’idéalisme.

Téméraire, elle ne redoute pas le danger n’hésite pas à y faire face. Cependant, on ne définirait pas Erin comme « casse-cou », car malgré l’absence d’une peur de l’inconnu et un désir de partir à aventure afin de découvrir de nouvelles choses, elle ne jette pas constamment dans la gueule du loup dans le but d’obtenir un rush d’adrénaline.

Dégoutée par les gens faisant usage de la violence à la moindre occasion, Erin tentera avant tout de rétablir le calme lors une situation envenimée de façon pacifique. « Utilise tes mots, pas tes poings. », c’est sa devise. Elle possède d’excellents talents de médiatrice. Par contre, s’il n’y a vraiment aucune chance qu’elle ne parvienne à ses fins sans avoir à lever la main, elle fera, avec réticence, usage de ses habiletés martiales, souvent avec plus de force que nécessaire dans le but de dissuader les fauteurs de trouble de jouer physique en sa présence.

Parlons d'utiliser ses mots; Erin est très éloquente. Son habileté à l'exprimer par les mots est excellente et son vocabulaire, vaste. Elle ne parle pas constamment en utilisant des termes savants, mais elle peut parfois surprendre en glissant un mot compliqué dans la conversation sans vraiment avoir cherché à l'utiliser.

Il a déjà été mentionné plus tôt qu’Erin est atteinte de dyscalculie de niveau modéré. Chez elle, cette condition se caractérise particulièrement par une tendance à confondre les nombres et symboles. Le 6 et le 9, ainsi que le 2 et le 5 sont ses pires ennemis; elle peut à peine les différencier. Elle présente également une immense difficulté, voir même une inhabilité à résoudre mentalement une équation. Même à 16 ans, elle a encore besoin de l’aide de ses doigts pour résoudre un problème simple. Erin n’affirmera pas spontanément que 2 + 2 = 4, car même si cela est un fait, son trouble la poussera à remettre en question ses connaissances les plus basiques. Et puis mémoriser une suite de nombre, comme par exemple un numéro de téléphone, ou encore une table de multiplications? Ha! Plutôt mourir.

Erin a évidemment pris du retard sur ses pairs, mais de caractère persévérant, elle ne compte pas laisser la dyscalculie se dresser entre elle et la réussite, et puis peu de gens connaissent la réelle raison pour laquelle elle a tant de difficulté en mathématiques, puisqu’elle le cache autant que possible.
Son histoire

I
Sooyoung Miles

Au tout début, elle était Sooyoung Miles.

Sooyoung, plutôt particulier comme prénom, pas vrai ? Ça saute très certainement aux yeux milieu parmi toutes les Emily, Charlotte et Hannah que l’on retrouve en masse au Royaume-Uni. D’ailleurs, pourquoi s’appelait-elle ainsi ? Eh bien, malgré les apparences et le fait qu’elle ait vu le jour en banlieue de Londres, le sang coulant dans les veines de Sooyoung n’appartenait pas qu’à une unique ethnicité; la petite était en réalité biraciale, née d’un père britannique prénommé William et d’une mère coréenne, Jaehee. Cette dernière avait insisté à donner à sa fille un prénom provenant de son pays d’origine.

Malgré la subtilité visuelle de celui-ci, Sooyoung portait son héritage asiatique comme un badge. Sitôt qu’elle fut apte à parler, la fillette se mit à bombarder sa mère avec diverses questions sur la Corée. Avec enthousiasme, elle commença à même à apprendre à parler la langue. Pourtant, cette fascination pour le pays oriental et sa culture disparut soudainement lorsque Sooyoung entra à l’école élémentaire.

À la fin du premier jour d’école, elle revint à la maison visiblement contrariée. Sa mère s’empressa bien sûr de lui demander si les choses s’étaient mal passées à l’école. Sooyoung ne répondit pas, elle se précipita vers sa chambre et claqua la porte derrière elle avec toute la force que pouvait avoir un enfant de cinq ans.

Après lui avoir laissé quelques minutes pour se calmer, la mère vint toquer à la porte de sa fille. Sooyoung l’ouvrit, affichant une mine toujours aussi déconfite.

« J’veux changer de nom. » annonça Sooyoung.

« Pourquoi donc ? » interrogea Jaehee, confuse quant à la soudaine requête de sa fille.

« Sooyoung c’est moche, et puis personne sait comment ça se dit… »

Jaehee soupira. Elle connaissait très bien la situation, ayant elle-même fait face à une problématique similaire, suite à l’immigration de sa famille vers l’Angleterre vingt ans auparavant, lorsqu’elle était âgée de dix ans. À l’époque, elle aussi avait été une enfant ridiculisée non pas seulement pour son appellation peu commune, mais également pour sa connaissance limitée de l’anglais. Elle ne souhaitait certainement pas voir sa fille traverser la même chose, mais de là à changer son prénom, elle trouvait cela un peu drastique…

« Bon, je verrai si on peut trouver une solution. En attendant, ne te laisse pas abattre par tes vilains camarades. »

Jaehee plaça un baiser sur la tête de sa fille puis la laissa par la suite à ses activités. Pourtant, cette discussion n’avait apporté que peu de réconfort à Sooyoung, qui suite à ce jour, insista à être appelée par son second prénom, Erin.

II
Erin Miles

Elle avait six ans lorsque la tragédie frappa. Cela s’est produit un soir d’été, Erin attendait avec impatience le retour de ses parents, partis à l’étranger. William, chirurgien, avait quitté la maison une semaine plus tôt afin d’assister à un congrès médical aux États-Unis, accompagné de sa femme. Ils laissèrent donc leur fille entre les mains de Leah, une adolescente de dix-sept ans qui habitait avec son père la maison voisine à celle des Miles. Erin appréciait Leah et avait l’habitude de rester avec elle sitôt que ses parents devaient s’absenter.

L’une des raisons pour laquelle Erin aimait tant sa babysitter était la suivante; elle la laissait toujours rester debout plus tard que son couvre-feu. D’ailleurs, ce soir-là, comme mentionné plus haut, Erin attendait le retour de ses parents en regardant un film à la télévision en compagnie de Leah.

Il commençait à se faire tard, réalisa d’adolescente, en regardant sa montre. 22h00, mais Erin refusait d’aller au lit avant que ses parents ne soient revenus à la maison. C’est alors qu’on cogna à la porte. Erin quitta le canapé et courut vers l’entrée, persuadée que ses parents venaient d’arriver. Leah mit un moment à la suivre et arriva dans le couloir menant à la porte d’entrée au moment où Erin s’apprêtait à ouvrir celle-ci. Elle lui vit signe d’arrêter et prit les devant.

Leah ouvrit porte pour dévoiler un policier. Elle sut immédiatement que quelque-chose n’allait pas.

« Erin Miles ? » demanda le policier.

En entendant son nom, la petite s’avança et leva la main au-dessus de sa tête comme pour poser une question en classe.

« C’est moi ! »

« Et vous êtes…? » ajouta-t-il à l’intention de Leah.

« Euh…Leah Wilson, j’habite juste à côté. Les Miles m’ont demandé de garder leur fille pendant leur absence…Est-ce qu’il est arrivé quelque-chose à William et Jaehee? »

***

Accident de la route. Voilà la cause de la mort de ses parents. Au retour de l’aéroport, ils ont manqué un virage et se sont engouffrés dans un fossé à pleine vitesse. Les deux occupants du véhicule sont morts sur le coup. C’est ce qu’on a raconté à Erin après l’avoir conduite au poste de police. Par la suite, on lui demanda si elle était en mesure de rejoindre un quelconque membre de sa famille. Erin fit non de la tête.

William, enfant unique n’avait jamais connu son père. Sa mère, elle, décéda d’un cancer de nombreuses années avant qu’Erin ne vienne au monde. Ses grands-parents maternels avaient connu le même sort. Bref, ce n’était qu’elle et ses parents…enfin, en raison des récents évènements, juste elle, désormais. Bon, il y avait bien une tante, Hana, la sœur ainée de sa mère, mais elle ne l’avait jamais rencontrée. Elle vivait quelque-part en Corée, à sa connaissance. Hana ne supportait pas le Royaume-Uni où sa famille avait immigré et sitôt qu’elle fut majeure, elle mit les voiles et retourna à son pays natal. Bref, aucune chance d’entrer en contact avec elle. Il ne restait donc qu’une option : les services sociaux.

On plaça Erin dans un foyer miteux. Enfin, c’est ce à quoi on doit s’attendre de ce genre d’endroit. Là-bas, les éducateurs avaient du mal contenir les enfants, plus turbulents les uns que les autres. Ces derniers étaient divisés en deux camps; les chasseurs et les chassés. Erin, elle, ne possédait ni le profil de la victime, ni celui du bourreau; elle ne se laissait pas marcher sur les pieds, mais n’écrasait pas ceux des autres. Rapidement, elle est devenue sa propre catégorie au sein de la hiérarchie du foyer : le protecteur. Ne supportant pas de voir une partie de ses confrères massacrer l’autre, elle commença à se dresser au centre des conflits.

***

Au cours des huit mois s'étant écoulés depuis son arrivée au centre, elle avait fini à l'infirmerie plus de fois qu'elle ne pouvait le compter (bon, en réalité, elle ne prenait simplement pas la peine de compter car les maths, ça lui cassait de cerveau). Son héroïsme lui procurait plus de maux qu’autre chose, pourtant elle ne se laissait pas vaincre et sitôt remise sur pieds, elle continuait à contester ceux qui se prenaient pour les caïds du centre. Et puis un jour, alors qu’elle était assise dos contre le mur, le nez en sang après s’être pris une énième raclée, elle fut abordée par une fille plus âgée; elle devait avoir douze ans environ.

« T’es suicidaire, ou quoi ? » demanda-t-elle.

Erin lui lança un regard perplexe, puis articula;

« J’aime pas les gens qui se prennent pour plus qu’ils sont... »

« Et c’est une raison pour te faire démolir la tronche en prenant la défense de tous les gamins qui se font victimiser ? »

Elle tendit à Erin un mouchoir.

« Bah si je ne m’oppose pas, qui d’autre le fera ? Les autres, ils courent...mais courir, ça sert à rien. Il faut faire face au problème, pas le fuir. » expliqua Erin en épongeant le sang qui coulait de son nez avec le bout de tissus.

« Et qu’est-ce que ça t’apporte ? Après tout, ces problèmes ne sont pas les tiens... »

« J'ai l'impression d’avoir fait quelque-chose de bien, de m'être rendue utile. »

Il y eut un moment de silence.

« Au fait, je t’ai pas vu par ici avant, t’es nouvelle ? » questionna Erin.

« Ouais. » répondit la fille, « Mon nom c’est Johanna, mais tu peux m’appeler Jo. »

Johanna tendit sa main vers Erin, qui l’agrippa et se fit tirer vers le haut.

« Erin. »

« Et t’as quel âge, Erin ? »

« J’aurai sept ans le mois prochain. »

***

Le septième anniversaire d’Erin ne fut pas exceptionnelle; quelques pensionnaires lui lancèrent au passage un « joyeux anniversaire » par simple courtoisie, mais à part cela, il n’y eut pas d’autre célébrations. Pourtant, Erin ne semblait pas déçue : vu la situation dans laquelle elle se trouvait, elle ne s’était bien sûr pas attendue à ce qu’il se produise quelque-chose de grandiose. En guise de cadeau, Johanna, avec qui Erin avait, depuis leur première rencontre quelques semaines auparavant, développé une amitié, lui offrit sa part de dessert au dîner.

« C’est naze, je sais, mais y a pas grand-chose d’autre ici. » s’excusa-t-elle.

« T’inquiète, Jo, c’est l’intention qui compte. »

***

Un matin – ou peut-être que c’était un après midi, elle n’en pris pas compte dans sa confusion –, elle se réveilla dans une chambre peu familière et étonnamment vide. En s’extirpant de sous les couvertures, Erin réalisa qu’elle ne portait aucun vêtement. Ce fait ajoutait une couche à l’étrangeté de la situation. Elle remarqua bien vite la tenue nettement pliée sur une chaise à côté du lit et l’enfila. Le t-shirt orange surmonté d’un étrange logo était une taille trop grande, mais à part ça, elle ne trouvait rien à reprocher à ces habits, pas même leur curieuse allure militaire.

Erin quitta la chambre et se retrouva face à un couloir. Plusieurs portes longeaient les murs, menant très possiblement à d’autres chambres comme celle dans laquelle elle venait de s’éveiller. De nombreux enfants arpentaient ce couloir, tous vêtus d’un uniforme similaire, seul la couleur du t-shirt changeait de l’un à l’autre. Avec un sourire penaud au visage, Erin aborda un garçon au chandail gris qui passa près d’elle.

« Euh, excuse-moi de te déranger, mais je suis un peu perdue, tu vois- »

« Je n’ai pas le droit de parler aux oranges. » répondit-il sèchement.

« Eh ? »

Le garçon s’éloigna sans dire un mot, puis fit une pause, se retourna vers Erin et désigna le bout du couloir avec son doigt. Erin comprit qu’il lui indiquait une direction à suivre.

« Merci. »

Elle se dirigea vers l’escalier, descendant les marches deux à deux avec l’esprit toujours rempli de questions. Quel était cet endroit ? Pourquoi le garçon disait-il ne pas pouvoir parler aux oranges ? Et puis que signifiait ce logo sur son t-shirt ? CHERUB, indiquait l’inscription. Probablement un acronyme, jugea l’enfant. Elle croisa une fille bien plus âgée dans l’escalier. Son t-shirt à elle était noir.

« Dis, t’as le droit de parler aux oran- »

« Je n’ai pas le droit de parler aux oranges. » répondit l’adolescente avant qu’Erin ne finisse sa phrase, tout en désignant de sol du bout du doigt. Plancher ? Non, en bas.

Erin haussa les épaules, « Merci quand même. »

***

Une fois parvenue tout en bas, au bout de l’escalier, Erin se retrouva dans ce qui paraissait être le hall d’entrée du bâtiment. Dans un coin de la pièce se trouvait le bureau de la réception. Logiquement, si elle désirait obtenir des informations, là était l’endroit où se manifester. Elle espérait seulement que la dame assise au bureau ne lui balance pas un autre « Je n’ai pas le droit de parler aux oranges. » Mais comme jamais deux sans trois, elle doutait…

« Euh, bonjour ? »

« Bonjour Erin. »

La jeune fille fut soulagée de ne pas entendre les mots qu’elle redoutait, mais quelque-chose d’autre la troublait.

« Vous connaissez mon nom ? »

« Oui, mais cela n’a pas d’importance; le directeur t’attend. »

« Que ? Quoi ? Le directeur ? »

***

La rencontre d’Erin avec le dit directeur apporta plus de questions que de réponses. Elle avait été repérée par une agence d’espionnage composée uniquement d’enfants ? Difficile à croire qu’une telle chose puisse exister, et même si cela était le cas comme elle venait de découvrir, pourquoi elle ? Erin ne se trouvait aucunement spéciale, alors qu’est-ce qui aurait pu attirer les yeux de CHERUB – ainsi se nommait l’organisation – vers elle ? Son habileté à se prendre des raclées en défiant des brutes ?

Malgré ses doutes, comme qui ne tente rien n’a rien, Erin accepta de se soumettre aux tests d’entrée. Elle n’avait rien à perdre, après tout.


***

Au premier test, Erin eut pour adversaire un gamin nommé Gerome qui, lui apprit-on, avait trois ans de plus qu’elle, mais il était plutôt petit pour son âge, les deux enfants faisaient donc à peu près la même taille. Le petit rouquin, de toute évidence très doué en arts martiaux, mit Erin au tapis sans trop d’effort. Pourtant, la brune ne restait pas au sol bien longtemps. Comme toujours, elle se relevait.

« Je vois que tu sais encaisser les coups, » affirma Gerome. « Mais voyons si tu sais les rendre. »

Erin regarda Gerome dans le blanc des yeux. Elle ne voulait pas se jeter sur lui. Elle ne voulait pas lui faire de mal. Mais elle devait le faire. Levant son poing, elle se lança vers l’avant. Facilement, Gerome bloqua l’attaque et en un instant, Erin se retrouva de nouveau plaqué contre le tapis. Elle n’arriverait pas à le battre, décida-t-elle, même si elle essayait. Et puis elle n’avait aucunement envie de le frapper.

« Je me rends. T’es fort. » dit Erin.

À cet instant, Erin se dit que si elle avait su qu’un jour elle se retrouverait recrutée par une organisation top secrète et que l’un de ses tests d’entrée serait composé d’un combat au corps à corps, elle aurait continué le taekwondo. Sa soudaine amertume apparue quelques années auparavant quant à son héritage coréen l’avait poussée à abandonner la discipline après quelques mois d’initiation. Maintenant, alors qu’un filet de sang coulait de son nez et au coin de sa lèvre et que son dos commençait à lui faire mal à cause de toutes les chutes, elle regrettait cette décision.

***

Arriva ensuite le tour des tests académiques. Elle obtint des résultats satisfaisants pour la partie verbale, pourtant, face aux mathématiques, elle se figea. Erin ignorait pourquoi, mais à chaque fois qu’elle regardait une série de chiffres, ceux-ci se mélangeaient. Elle ne savait plus quoi était quoi. Pas du genre à abandonner sans essayer, elle tenta tout de même quelques problèmes. Cependant, avec le stress de la performance, les attentes quant au temps imparti pour l’épreuve et sa difficulté en calculs, elle ne parvint à répondre qu’à la moitié des questions. Et encore là, en fin de ligne, tout juste un quart de ses quelques réponses s’avéra correcte.

« Je ne suis pas douée en maths. » s’excusa Erin à la sortie de la salle.

***

« À mon signal, tu sautes. » dit Zoe, l’agent ayant guidé Erin au travers du parcours à obstacle, avant de se laisser tomber dans le vide.

Erin la regarda filer, quelque-peu inquiète. Elle retint son souffle puis expira lorsqu’elle vit finalement l’ado portant un t-shirt marine atterrir contre le matelas posé au bout de la descente. Après s’être écartée du matelas, Zoe leva son pouce en direction d’Erin.

« Vas-y ! » cria-t-elle.

Sans trop réfléchir, Erin fit un pas vers l’avant puis se laissa tomber, dos vers le sol. Quelques secondes plus tard, elle heurta le tapis, celui-ci la réceptionna alors qu’un léger thud se fit entendre en raison du choc et de la compression de la mousse sous son poids. Zoe l’aida à se relever en souriant.

« Pas mal, pas mal. » dit-elle. « À ton âge, je me serais pissé dessus face à ce parcours, mais toi, t’es passé au travers sans trop de problèmes ! »

***

À la piscine, les choses ne se passèrent pas aussi bien. Même si Erin réussit à atteindre la brique, elle ne put la ramener à la surface. À chaque fois, elle l’échappait lors de sa remontée. Erin ne comptait pas abandonner, mais après une heure d’essai sans réussite, on lui demanda de sortir de l’eau.

« Laissez-moi une dernière chance ! » supplia Erin. « Cette fois, ça sera la bonne ! »

« J’apprécie ta ténacité, mais malheureusement, nous n’avons pas toute la journée… »

***

Abattre le poulet, c’était un non. Erin refusa net. Elle n’infligerait pas de mal à un être vivant simplement car on lui demandait. Elle ouvrit la cage, pris l’animal entre ses mains et se dirigea vers la fenêtre. Alors qu’elle s’apprêtait à ouvrir celle-ci dans l’idée de libérer le poulet dans la nature afin que plus personne n’ose penser lui faire du mal, on l’arrêta.

« C’est bon, c’est bon, on a terminé. Remet-le dans sa cage. »

À contrecœur, Erin s’exécuta. Si elle ne remettait là-dedans pour qu’il attende le prochain venu, rien ne pouvait promettre que ce dernier refuse tout comme elle de le tuer.

***

Au final, Erin passa l’examen d’admission. Pas avec brio, certes, mais elle parvint tout de même à se faire offrir une place à CHERUB. On l’a renvoya à l’orphelinat quelques jours pour qu’elle puisse prendre une décision. Au bout des quarante-huit heures imparties pour faire un choix, Erin paqueta les quelques effets personnels qu’on lui avait permis de conserver lors de son placement au centre dans son sac à dos, prête à mettre les voiles.

Elle sortit de sa chambre et alors qu’elle progressait dans le couloir menant vers l’entrée où un véhicule sensé la conduire au campus devait l’attendre, Johanna l’arrêta.

« Où est-ce que tu vas ? » demanda-t-elle.

« Je euh…On m’a trouvé une famille d’accueil. » mentit Erin de manière peu convaincante.

Johanna fronça les sourcils et s’approcha.

« C’est sympa, là-bas, pas vrai ? » dit-elle à voix basse pour ne pas être entendue par quiconque passerait dans le coin.

« Euh…quoi ? »

« CHERUB. T’es allé là-bas, il y a deux jours, non ? »

« Mais- Que- »

« Comment tu crois qu’ils t’ont repérée ? »

Erin la fixa pour une trentaine de secondes, incrédule.

« Toi !? T’y est pour quelques-chose ? »

« Bingo, ma chère. »

III
Erin Avery

Il était coutume pour les agents de CHERUB de changer leur nom dès l’arrivée, afin de laisser pour de bon leur ancienne vie derrière eux. Il n’y eut pas d’exception à cette règle lors de l’arrivée d’Erin. Elle abandonna le patronyme Miles pour devenir Erin Avery, ou plutôt Erin Sooyoung Avery. En effet, elle décida finalement de reconnecter avec les origines asiatiques.

Erin s’intégra facilement aux autres t-shirt rouges et à la vie au campus. Comme tous, elle dut choisir une langue étrangère à apprendre. Sans hésiter, elle opta pour le coréen, connaissant déjà quelques bases. Elle se mit aussi au taekwondo, à l’athlétisme ainsi qu’à la natation.

Sur le plan académique, Erin progressait à une vitesse acceptable, mis à part en mathématiques où elle éprouvait plus de difficulté, mais elle s’acharnait, elle travaillait toute la nuit sur ses devoirs s'il le fallait. Heureusement, elle n’avait jamais eu besoin d’énormément de sommeil pour fonctionner; elle pouvait très bien aller au lit à une heure du matin et se lever à cinq heures. Cependant, la petite devait faire attention à ne pas se faire griller éveillée après le couvre-feu.

***

Le jour de ses 10 ans, Erin reçut le t-shirt bleu ciel. Quelques mois plus tard, elle participerait au programme d’entrainement initial, ou PEI, pour faire plus court.

La veille du début du programme, Erin croisa Johanna. Cette dernière, âgée désormais de quinze ans, venait de revenir d’une mission périlleuse dont la réussite lui valut l’acquisition du t-shirt noir.

« En route pour le PEI, hein ? » fit-elle en remarquant le chandail d’Erin.

« Demain. » répondit Erin.

« Bonne chance, ou plutôt bon succès. La chance, c’est pour ceux qui ne se sont pas préparés. »

« Merci. »

« Au fait, laisse-moi te donner un conseil, » ajouta Jo en prenant l’une des longues mèches brunes d’Erin entre ses doigts. « Coupe tes cheveux, ça t’évitera bien des problèmes. »

Le soir même, Erin suivit les conseils de Jo. À la sortie de la douche, elle agrippa une paire de de ciseaux et coupa ses cheveux de manière grossière. Après tout, elle ne cherchait pas le style.

***

Le lendemain, elle se réveilla à l’aube, prête à affronter le PEI. Cependant, cette session se termina prématurément. Non pas parce qu'Erin laissa tomber le programme en raison de la difficulté, mais car lors d’un exercice au cours du quatorzième jour, elle retomba mal sur sa cheville et celle-ci se fractura. Ne se trouvant plus en condition de continuer, elle fut contrainte à abandonner.

Elle n’obtint peut-être pas son t-shirt gris cette fois-ci, mais au moins elle hérita d’une paire de béquilles et d’un joli plâtre à la jambe gauche sur lequel les gamins du bâtiment junior se firent un plaisir de dessiner.

***

Six mois plus tard, complètement rétablie de sa précédente blessure, Erin tenta de nouveau le PEI et cette fois fut la bonne. Évidemment, Erin ne passa pas haut la main les épreuves, celles-ci étaient conçues exprès pour en faire baver aux recrues. Pourtant, contrairement à quelques autres enfants ayant pris part à cette session, elle refusa d’abandonner. Au terme des cents jours, elle arriva à la fin du parcours, épuisée, couverte de saletés, écorchée, mais fière.

De retour au campus, elle emménagea dans le bâtiment principal, laissant dans le passé avec un pincement au cœur la pièce du bâtiment junior qu’elle occupait depuis quelques années. Un nouveau chapitre de son histoire commençait; désormais, Erin jouait dans la cour des grands. Le chandail gris qu’elle avait sur le dos témoignait de son statut d'agent à part entière. Elle pouvait à présent partir en mission.

***

La première mission à laquelle Erin prit part fut un simple casse. L’équipe de six agents dirigée par nul autre que son amie de longue date, Johanna s’infiltra au domicile d’un homme soupçonné d’être à la tête d’un trafic de drogues au milieu de la nuit. Alors Johanna fouillait les lieux à la recherche d’informations cruciales et que ses camarades semaient la pagaille, Erin les regardaient agir. Vous savez déjà qu’elle n’est pas du genre à détruire le bien d’autrui, même si cela était le but de l’opération. Remarquant son inertie, un agent lui lança une bombe de peinture.

« Bouge-toi un peu, Avery ! » cria-t-il. « On n’a pas toute la nuit, alors aide moi à graffiter ces mur; le papier peint est horrible. »

Erin hocha la tête. Elle secoua la canette et appuya sur le bouchon. Un jet de peinture jaune explosa contre le mur. Elle traça des lignes au hasard et commença même à éprouver un certain plaisir en prenant part à cet acte de vandalisme. C’est alors que les sirènes des voitures de police retentirent.

« Merde ! » s’exclama Johanna. « Bon, je crois que j’ai assez d’infos, on se tire ! »

Les six agents prirent la poudre d’escampette. Ils sautèrent par-dessus à palissade dans la cour à arrière et traversèrent le boisé bordant celle-ci, arrivant finalement à une route où une fourgonnette les attendaient. Un après l’autre, ils montèrent à bord du véhicule, Erin l’avant dernière, suivie de Jo qui fermait la marche.

IV
Sooyoung Choi

Erin effectua de nombreuses missions avec plus ou moins d’importance au fil des ans, mais c’est au cours de l’été suivant son quatorzième anniversaire, qu’elle prit part à l’une des missions les plus sérieuses de sa carrière. Pour celle-ci, on l’expédia en Corée du Sud afin de collaborer au démantèlement d’un trafic d’armes et de substances illicites dont ont présumait un certain Jin Song d'être à la tête.

Pour l’opération, Erin et son partenaire pour cette mission, Jason, devinrent Sooyoung et Haneul Choi, un duo d’adolescents d’origine britanno-coréene résidant à Londres venus passer quelque temps chez leur oncle et leur tante à Séoul afin de changer d'air suite au décès de leur mère. Cet oncle et cette tante étaient en réalité des agents des services de renseignement coréens travaillant en sur cette affaire en coopération avec les agents envoyés par CHERUB.

***

Le premier contact en Sooyoung et sa cible, Ji-Eun Song, se produit dans un parc qu’elle avait l’habitude de fréquenter, selon les informations fournies à Sooyoung en début de mission. Elle l’aperçut, assise sur le bord de la fontaine, regardant son reflet dans l’eau claire. Sooyoung fut immédiatement frappée par sa beauté. Ji-Eun avait de longs cheveux noirs tombant en cascade le long de son dos et des yeux bruns si sombres que l’on pourrait les croire assortis à sa chevelure. Plus âgée que Sooyoung par à peine un an, elle dépassait cependant cette dernière par quelques centimètres.

Sooyoung approcha Ji-Eun de manière anodine avec un; « Il fait beau aujourd’hui, non ? »

Surprise, Ji-Eun tourna la tête et lança un regard confus à Sooyoung. Pourquoi une touriste l'abordait comme ça ?

« Euh…oui. » répondit-elle.

La brune s’assit aux côtés de Ji-Eun sur le bord de la fontaine puis se présenta.

« Eh bien, ravie de rencontrer, Sooyoung. »

Malgré un début de conversation un peu embarrassant, les deux adolescentes passèrent quelques heures assises près de la fontaine à discuter, jusqu'à-ce que Ji-Eun ait à s’éclipser.

« À la prochaine, peut-être ? »

« Si tu me cherches, je devrais être dans le coin pour un moment. »

***

Parfois, les choses ne se déroulent pas tout à fait comme prévu. Alors que la mission semblait se dérouler en suivant à perfection le plan d’action, un élément perturbateur apparut. Ji-Eun était une personne avant d’être un outil nécessaire au bon fonctionnement de l’opération, et Sooyoung développa des sentiments romantiques envers elle. Ceci la rendit distraite; elle éprouvait de pareils sentiments pour la première fois et pour une fille, en plus. À cause de l’hétérosexualité compulsoire forcée par la société, Sooyoung eut du mal à reconnaitre son attraction pour une personne du même genre. Son statut d’agent, une fois ajouté à l’équation, compliquait d’avantage la situation.

Pourtant, elle dut être stupide. Elle laissa ses sentiments la mener. Un soir, elle et Ji-Eun se trouvaient au domicile des Song. Dans la chambre de Ji-Eun, les deux jeunes filles révisaient pour le contrôle de mathématiques du lendemain. Allongées à plat ventre sur le lit, elles partageaient le manuel dans lequel les leçons étaient inscrites. Cette proximité n’aidait point le cas de Sooyoung, mais Ji-Eun avait insisté qu’elles seraient plus confortable sur le lit qu’au bureau.

Par ce qui pourrait être appelée une coïncidence, elles tournèrent la tête l’une vers l’autre au même instant. Sooyoung saisit l’occasion sans y penser à deux fois et plaça délicatement ses lèvres contre celles de Ji-Eun. Quelques secondes s’écoulèrent, puis la raison lui revint et elle s’écarta, son visage virant au rouge écarlate alors qu’elle évitait le regard surpris de Ji-Eun.

« Dé- désolée. » marmonna Sooyoung.

« N-non. C’est pas grave… »

Sooyoung réalisa qu’elle semblait tout aussi embarrassée qu’elle.

« En vrai, j’osais pas demander si tu penchais vraiment de ce côté. »

« Eh ? »

« Nan mais tu t’es déjà regardée dans le miroir ? » répondit Ji-Eun en contenant son rire. « T’es littéralement le stéréotype soft butch. »

« Soft quoi ? »

« Oublies. » dit Ji-Eun en embrassant Sooyoung, qui recula, son visage – qui avait commencé à reprendre ses couleurs habituelles – tournant une fois encore au rouge.

« J’en conclus que ça signifie que tu m’aimes bien ? » demanda Sooyoung. Ji-Eun hocha la tête.

« Bon, c’est pas tout, on devrait se remettre aux études si tu veux passer le contrôle de demain. »

***

Les au-revoir, ce n’est jamais facile. Sooyoung aurait bien pu rester indéfiniment à Séoul, auprès de Ji-Eun, mais après six mois et trois semaines, la mission prit fin. Grâce à son travail et à celui d’Haneul, les autorités coréennes avaient désormais en main toutes les informations requises pour faire tomber l’empire bâti par Jin Song en marge de la loi.

Sooyoung ignorait ce qui adviendrait de Ji-Eun et de son frère suite à l’arrestation de leur père : ils ne possédaient aucune autre famille immédiate ou éloignée. Néanmoins, la veille de son départ, elle donna rendez-vous à Ji-Eun au parc où elles s’étaient rencontrées pour la première fois, près de la fontaine. Elle préférait faire ses adieux en personne plutôt que de laisser une lettre en ayant l’impression de se défiler.

« Ça va ? » demanda Ji-Eun. « C’est quoi, cette mine déconfite que tu me fais là ? »

« Je rentre à Londres. » répondit Sooyoung. « Mon vol part demain en fin d’avant-midi. »

Les yeux de Ji-Eun s’écarquillèrent, puis l’expression de surprise laissa rapidement place à la déception.

« J’ai reçu un appel de mon père, avant-hier. Ma grand-mère vient d’être hospitalisée. » ajouta Sooyoung, répétant l’histoire qu’elle avait mis au point avec Haneul pour justifier leur départ soudain. « Elle était malade depuis un moment, mais là, elle est vraiment mal en point, et à près de quatre-vingt ans, les médecins pensent qu’il lui reste pas long. »

« Oh la vache ! » s’exclama Ji-Eun. « Je suis désolée… T’as vraiment pas de bol; d’abord ta mère, et maintenant ça. »

« Ouais…je sais. Merci, en tout cas. »

Ji-Eun sortit un stylo de sa poche.

« T’as un bout de papier sur toi ? » demanda-t-elle.

« Non. »

« Donne-moi ta main, alors. »

Sooyoung obéit. À l’aide du stylo, Ji-Eun écrit son adresse e-mail sur sa paume. La brune inspecta l’inscription.

« Tu sais, j’aurais juste pu noter ça dans mon téléphone. » constata-t-elle. Elle savait cependant de l’adresse lui serait inutile : on interdisait formellement aux agents de CHERUB de garder contact avec les gens rencontrés en cours de mission.

« Mouais, mais ça fait moins romantique, tu trouves pas ? » répliqua Ji-Eun avant de l’embrasser sur la joue. « Tu me donneras des nouvelles, han ? »

« …Si j’ai le temps. » Sooyoung ne voulait pas faire de fausse promesse, mais refusait de dire clairement « non ». « Bon, je crois que je devrais y aller; j’ai encore des bagages à faire… »

« Rah, sois-pas comme ça. » protesta Ji-Eun en boudant alors que Sooyoung commençait à s’éloigner.

Après un moment, elle s’arrêta et revint vers Ji-Eun pour l’embrasser une dernière fois.

V
Erin Avery

Dans la vie, les gens vont et viennent. Parfois on droit laisser aller ceux à qui on s’attache pourtant profondément. Ce n’est pas toujours facile; parfois on aimerait garder ceux que l’on doit laisser partir. C’est d’autant plus vrai pour Erin, qui s’attache facilement.

Mais la vie continue. On laisse une personne s’éloigner et une autre arrive. Ce n’est pas pour autant qu’on oublie le passé, et ceux qu’on a dû laisser derrière.

Désormais âgée de seize ans, la carrière d’Erin touche à sa fin. Après avoir passé dix années au sein de CHERUB, avec près d’une vingtaine de missions complétées à son actif et portant le t-shirt bleu marine grandement mérité qu’elle a obtenu suite à sa mission en Corée, elle doit maintenant réfléchir à ses plans pour le futur.



Derrière l’écran
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Dernière édition par Erin Avery le Ven 2 Déc - 23:13, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Keep your heart warm [Erin]   Mer 9 Nov - 15:28

Hey !

Comment ça va ?

Je ne me souviens plus de quand date la dernière partie d'histoire que tu as posté (la honte, mais chut)

N'hésite pas à nous dire quand tu auras achevé ta fiche et ton histoire à rallonge trop méga cool ~

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MessageSujet: Re: Keep your heart warm [Erin]   Mer 23 Nov - 17:20

Doot doot, j'ai (enfin) terminé ma fiche.

Genre ça m'a pris deux mois mais don't judge, j'ai bossé dur. J'espère que tout est en règle.

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MessageSujet: Re: Keep your heart warm [Erin]   Ven 2 Déc - 21:56

Bien !

D'abord félicitations pour avoir fini cette longue et magnifique fiche très agréable à lire.

Après relecture quelque chose m’interpelle, Erin a seize ans (presque dix-sept) mais ne porte encore que le t-shirt gris. En fin de carrière et avec une mission semblant avoir été rondement menée, il est étonnant qu'elle ne soit pas encore bleu marine.
Pourrais tu donc nous éclaircir sur ce point ?

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MessageSujet: Re: Keep your heart warm [Erin]   Ven 2 Déc - 23:13

Aha oops, j'ai du zapper. Désolé. Donc j'ai édité le dernier paragraphe de l'histoire pour ajouter qu'Erin a obtenu le t-shirt marine à son retour de Séoul.

Citation :
Désormais âgée de seize ans, la carrière d’Erin touche à sa fin. Après avoir passé dix années au sein de CHERUB, avec près d’une vingtaine de missions complétées à son actif et portant le t-shirt bleu marine grandement mérité qu’elle a obtenu suite à sa mission en Corée, elle doit maintenant réfléchir à ses plans pour le futur.

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MessageSujet: Re: Keep your heart warm [Erin]   Dim 4 Déc - 18:11

Et bien et bien, il n'y a rien à redire à tout ça, alors, bienvenue à Cherub ! Depuis le PEI, Erin apprend en plus l'allemand !

     

           
Félicitation, te voilà validé ! Quel bonheur, quel bonheur, tu es une si belle personne ! Et maintenant, tout le forum t'est ouvert, si c'est pas la classe ? Nous t'invitons tout particulièrement à aller faire ta demande de logement, histoire de ne pas dormir à la belle étoile, ainsi que ta fiche de relation, et ton dossier personnel, pour qu'on ne te perde pas de vue ! Alors, tu pourras enfin te lancer dans la grande aventure. Et si tu as besoin pour cela d'un petit coup de pouce, jette un œil aux demandes de rp

         
       
       
           

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Keep your heart warm [Erin]

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